dimanche 17 février 2019

Principes mortels de Jacques Saussey

J'ai rencontré Jacques Saussey dans une foire aux livres. Son air sympathique tranchait avec son style d'écriture : le polar et m'a donné envie de le découvrir. Comme en plus, il est adoubé par Franck Thilliez... je ne pouvais que le lire !

Principes mortels et le deuxième livre que je lis de lui et il diffère pas mal en fait. Ce n'est pas un thriller, ni un polar bien stressant, mais plus une histoire lancinante, où le malaise se ressent à travers les personnages, les non-dits, l'agressivité envers les "intrus" (pas du village en somme), les tabous familiaux, tout y passe.

On se retrouve avec Franck, un jeune gars sympathique qui n'a pas eu une vie facile et vient chez sa tante pour réviser son bac qu'il doit passer en rattrapage. Franck est le sosie de son cousin, fils de sa tante, et mort dans des circonstances qui s'avèrent douteuses.

Finalement, Franck passera plus de temps à enquêter sur le décès de son cousin, ou pris dans les tumultes des querelles entre sa tante et son oncle, ou à tomber en amour avec une beauté du village qu'à réviser son pour son bac. Et si, au départ, tout commence tranquillement, les choses vont s'accélérer au fur et à mesure des découvertes de Franck et de la tension destructive entre sa tante et son oncle.

Le final est encore plus sombre et on se dit qu'il y a quand même des familles qui n'ont pas de bol dans la vie. Comme quoi, les non-dits sont bien plus destructeurs (en mode pernicieux) que les conflits ouverts.

C'est en tout cas une belle plongée dans la noirceur familiale, un portrait réaliste et sombre des liens familiaux brisés, d'histoires de vie qui ne peuvent que mal finir. Un roman fort et sombre, à l'ambiance oppressante.

4ème de couverture :

La mort a toujours le dernier mot.

Été 1979. Franck Servin, dix-huit ans, fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac. Il trouve refuge chez son oncle et sa tante, dans une ferme de la Creuse où, quatre ans plus tôt, son cousin Paul a trouvé la mort sur une route qu'il connaissait depuis l’enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s’est jamais refermée. Trente ans plus tard, revenu dans la Creuse, là où tout s’est noué, Franck sait qu’il va mourir. Il a quelques heures, quelques jours peut-être, pour laver sa mémoire et raconter comment, cet été-là, le piège du destin s’est refermé sur les siens.

Avertissement : Un e-galley de ce titre m'a été fourni par l'éditeur. Aucune critique n'a été promise et la chronique ci-dessus est une critique non biaisée du roman. Merci Netgalley et Bragelonne !

dimanche 2 décembre 2018

Trilogie W3 de Jérôme Camut et Nathalie Hug

L'année dernière en rentrant en France et après quelques critiques dithyrambiques trouvées sur Internet, j'ai trouvé mon bonheur à la Fnac (rahhhh la Fnac!!! tu me manques !) et acheté les deux premiers tomes de la trilogie en me disant que ça me laisserait le temps de trouver le troisième au Québec, sachant que ma PAL remplie une mini bibliothèque Billy... (mais ça, c'est un autre sujet)

Bref, j'ai donc commencé le premier livre que j'ai adoré ! (Y'a vraiment de bons auteurs en France !) J'avais vraiment le goût d'attaquer le deuxième dans la foulée, mais avec ma fameuse PAL  qui ne désemplit jamais, j'ai préféré lire d'autres choses. Cette année, partie une semaine à Cuba, je me suis dis que c'était parfait pour lire le deuxième tome...

Et comment j'ai regretté de ne pas avoir déjà acheté le troisième tome !! Avec une fin explosive qui vous prend aux tripes et un suspens à couper au couteau, c'était intenable. Et en plus, j'étais "coincée" (mouahahah) à Cuba, incapable de commander la fin.

Résultat, dès mon retour, j'ai passé la commande (c'est plate à dire, mais merci Amazon qui permet d'avoir des livres que les libraires ne peuvent avoir...) Et le graal est arrivé peu de temps après. J'ai donc pu terminer la trilogie dans la (presque) foulée.

Alors, après cette mise en contexte, quel est mon avis sur cette trilogie ? C'est vraiment bon !!

Tout d'abord, et je tiens à le souligner, car c'est assez rare (en fait, c'était une première pour moi!), les auteurs ont l'intelligence, aux deuxième et troisième tomes, de mettre un résumé du tome précédent. Un peu du genre : "que s'est-il passé dans le dernier épisode" des séries. Et j'ai trouvé ça vraiment génial, parce que leur histoire est assez complexe, avec une panoplie de personnages, des rebondissements et de l'action à revendre. Alors quand on lit les livres avec quelques mois d'écart, forcément, c'est bien pratique et sympa de se faire rappeler l'histoire et où on en est.

Ensuite, j'ai bien aimé le fait que chaque chapitre commence par une citation d'un des personnages, ça les rend encore plus réels, attachants ou intrigants et cela permet également de mieux comprendre leurs actes ou le déroulement de l'histoire.

Parlons personnages, dans la trilogie, il y en a pour tous les goûts. Ce que je veux dire c'est qu'il y a des personnages très manichéens, très tranchés, et d'autres, plus subtiles, plus nuancés, qui peuvent commettre des actes mauvais pour le bien des autres. Il y a des personnages attachants, d'autres qui m'ont laissé plus insensible à leur malheur et je trouvais ça bien, parce que je sentais bien que les auteurs étaient capables d'en dégommer un ou deux pour le plaisir d'une intrigue bien prenante aux tripes. Et j'ai eu raison, des morts, il y en a des deux côtés... mais les auteurs se la jouent un peu à la George R. R. Martin et n'hésitent pas à tuer des personnages (oui, DES !) qu'on apprécie particulièrement. Du genre, ils ne vont pas oser quand même ?! Et bien si. Et ça marche vraiment bien, parce qu'après ça, le suspens est encore plus intenable, ne sachant pas quel personnage aimé pourrait être le suivant !

Il est difficile d'en dire trop sans briser l'intrigue, mais l'histoire de cette trilogie concerne le trafic de femmes, les luttes d'influence et de pouvoir, les dérives politiciennes ou judiciaires, la lutte contre le mal, parfois grâce au mal... En résumé, c'est vraiment complexe, d'actualité et bien mené.

Bref, le genre de trilogie qu'on regrette de quitter, des auteurs à suivre sans hésiter et la joie de savoir qu'un autre livre est consacré à l'un des personnages les plus énigmatiques de la trilogie, de quoi se plonger avec plaisir dans cet univers !


jeudi 6 septembre 2018

Le chasseur de lapins de Lars Kepler

C'est le deuxième livre de ces auteurs que je lis... et par deux fois, parce qu'on me l'a offert ! La première fois, je ne les connaissais pas, j'étais donc heureuse de les découvrir... jusqu'à ce que je les découvre. Je n'avais pas été particulièrement emballée par L'hypnotiseur (lien vers ma chronique ICI), et c'est donc avec appréhension que j'ai commencé celui-ci. Mais, comme les critiques étaient dithyrambiques et que c'est Chéri que me l'a offert... j'ai laissé une seconde chance aux coureurs. 

Et je ne suis toujours pas plus emballée... 

Pourtant, la couverture est intrigante et l'histoire prometteuse : un meurtrier s'attaque aux grosses huiles suédoises selon un calendrier précis et un certain sens de la justice. Alors, pourquoi je n'ai pas accroché avec ce livre ?

Commençons par le rôle des femmes dans ce livre. Nous avons le choix entre la call-girl qui se fait violer et casser la gueule dès le départ pour finir torturer par les services secrets, Saga qui fait partie de la Säpo, hyper belle, intelligente et féroce... et qui brutalise le monde sans trop de raison, envoie valser les meubles quand elle est frustrée et finit par se faire agresser sexuellement de façon très conne en plus, Jeannette, une collègue de Saga, excellente psychologue, qui se fait sauter façon pute dans les chiottes d'une aire de stationnement pour routiers en pleine enquête et finit par se mettre en maladie parce qu'elle est traumatisée de sa réaction, la femme d'un taulard qui veut sauver sa sœur immigrée clandestine des passeurs et finit par se faire agresser, à moitié nue (sa sœur aussi d'ailleurs) en pleine action des commandos (et ça c'est quand même balèze), l'ancienne du gaz, mère des passeurs, qui tricote en pleine opération commando (littéralement en plein milieux (et ça, c'est encore plus balèze !) (ou du grand n'importe quoi, j'hésite...) et finit par se prendre une balle (évidemment...). Ah, si, il y a Valéria, qui accepte de sortir avec Joona parce qu'il est en prison et donc comme elle (qui est aussi passée par la case prison) et qu'elle aime passionnément... jusqu'à ce qu'il se mette a enquêter et donc elle ne veut plus de lui, mais finalement si, mais elle finit aussi avec quelqu'un qui pénètre chez elle et l'observe toute nue devant sa fenêtre (parce que forcément quand t'entends du bruit à 3 heures du mat, ton premier réflexe et de regarder à poil par la fenêtre !). Bref, c'est pas reluisant pour les femmes dans ce livre ! 

Ensuite, parlons de la Säpo. Alors je ne sais pas quelle est leur formation de base, mais je pense qu'ils ont sauté les cours sur le contrôle de soi et la réflexion ! Alors, oui, l'alarme maximum a sonné chez le ministre des affaires étrangères, mais quand, une fois sur place, tu vois une prostituée traumatisée et battue qui te raconte qu'un gars est venue tuer le ministre... pourquoi sauter automatiquement à l'attentat terroriste ? Parce que le gars a lancé un nom à consonance arabe et qu'un gars qui porte ce nom est en prison ? (Bon, il est en prison pour trafic de drogues et n'a aucun lien avec les groupes terroristes connus, mais c'est pas grave, on va trouver une vidéo d'un terroriste qui menace la Suède et péter une coche !) Parce que, honnêtement, si les services secrets réagissent de cette façon en Suède... ils sont chanceux d'être un peuple pacifique, parce que sinon, il y aurait plus de morts à cause de la Säpo que des terroristes ! Leurs réactions et actions sont du grand n'importe quoi ou comment arriver avec plein de gars en véhicule, en hélicoptère et plein d'armes pour finir par presque tous mourir en affrontant une famille avec trois fils dégénérés, leur père et leur mère qui est,  rappelons-le, l'ancienne du gaz qui tricote au milieu des grenades et autres joyeusetés d'une opération commando. 

Un petit mot au sujet de la traduction. Je ne sais pas si c'est parce que les auteurs ne les traduisent pas eux non plus (auquel cas une note du traducteur ou de la traductrice serait bienvenue), mais il y a régulièrement des phrases non traduites dans le texte et c'est pénible. Un exemple quand Joona rentre dans sa cellule :
Quand la porte de la cellule claque derrière lui, il s'approche de la petite fenêtre pourvue de solides barreaux et fixe le mur jaune dehors. 
- Olen väsynyt tähän hotelliin, se dit-il à lui-même, et il pose le sac sur le lit. 
Voilà, voilà... alors pour le coup, il se le dit vraiment à lui-même, parce que ce n'est visiblement pas fait pour qu'on comprenne (même si le mot hoteliin me fait penser qu'il trouve sa chambre pourrie).

Et pour finir, le travers que je n'avais déjà pas aimé dans L'hypnotiseur : l'avalanche de détails ! Ça rend le livre inutilement long et ennuyant et pour un thriller, ça donne l'impression que l'action entrecoupe les descriptions... (même si l'action est particulièrement ridicule - attendez de lire le passage où l'équipe de super commandos hyper entraînés finie décimée de façon complètement grotesque). Bref, les détails ! Mais pourquoi en mettre autant s'ils sont inutiles ? Je ne vois pas l'intérêt de savoir, dans un thriller, que :
L'immense salon-salle à manger aux fenêtres à croisillons donnant sur la baie est meublé de plusieurs canapés et d'armoires qui n'y semblent pas tout à fait à leur place. 
Et là, c'est 2 lignes sur environ 25 pages, juste le temps qu'une huile agresse une prostitué... qui a même le temps, alors qu'attachée et qu'elle commence à avoir une crampe, à se souvenir :
Un souvenir fugace des entraînements de foot lui traverse l'esprit. Elle se rappelle le petit serrement du mollet, annonçant la contraction musculaire, quand elle tentait de retirer les petites mottes de terre et d'herbe agglutinées entre les crampons de ses chaussures.
Les visages rouges et chauds de ses copines. Le plancher bruyant des vestiaires, l'odeur de transpiration, de pommade et de déodorant. 
Bref, vous l'aurez deviné : non, je ne suis pas fan de ce roman ou de ces auteurs ! Et oui, je me dis que j'ai bien raison de me méfier des critiques littéraires qui ne viennent pas des lectrices et lecteurs avertis !


mercredi 5 septembre 2018

Le serpent aux milles coupures de DOA

J’avoue, rien que le nom de l’auteur m’a donné envie de lire ses livres. Ensuite, les bonnes critiques que j’ai lues à son sujet. Je me suis donc lancée avec ce livre, assez court et ô combien prenant. 

Et pourtant... j’ai failli lâcher le livre à cause des premières pages que je trouvais trop violentes. Pas à cause de l'action en cours (sabotage d'une vigne), mais à cause du dialogue d'un agriculteur bourré, raciste et frustré. Le souci ? Une ferme du village a été achetée par un couple dont le mari est noir. Et ça, ça ne passe pas, mais pas du tout. Alors, certes, on connait tous ces petits villages assez hostiles aux étrangers (et par étrangers on comprend toute personne qui n’est pas du village). Il n'est donc pas étonnant de savoir que certaines personnes du village se liguent contre le nouveau propriétaire pour le faire fuir. Mais, je ne sais pas, savoir que la gang de morons sabote les plans, a mis le feu à une grange et taguée la maison avec des insultes suffit à nous faire comprendre la tension qui existe. Pas besoin de laisser "parler" un des racistes pendant 2 pages à grand coup de "nègre".

Sinon, une fois ces pages terminées, on commence à entrer dans l'histoire... et quelle histoire ! Entre le cartel colombien qui cherche à établir un marché en France avec l'aide des Napolitains, une recherche active d'un gars dangereux et armé (le motard), une famille prise en otage, des flics incapables et des gendarmes pas franchement mieux, c'est pas de tout repos ! Alors certains vont trouver que ça fait beaucoup de coïncidences, tout ce petit monde qui se retrouve au même endroit en même temps, mais je suis bon public : si ça donne de l'action, c'est OK pour moi. 

Les personnages sont très bien écrits et j'aurais aimé en savoir plus sur le motard... il va falloir que je lise, selon l'auteur, le folio 539 ! Parce que là, autant on sait pourquoi les autres étaient dans le coin, mais je ne sais toujours pas pourquoi le motard était là et blessé. Ça laisse un petit goût d'inachevé. La critique du système judiciaire est assez virulente, la police, comme la gendarmerie, ne faisant pas grand chose pour aider la famille persécutée et n'ayant aucune idée de ce qui se trame sous leur yeux et le seul enquêteur à peu près décent n'arrête personne... 

Quant à l'écriture, nerveuse et fluide, elle est hyper réaliste (ce qui rend les scènes de violence difficiles à lire).  

Bref, c'est un livre qui se lit vite et bien. J'y ai retrouvé un peu l'ambiance à la Ludlum : beaucoup d'action et de violence, de la testostérone en masse, des femmes quasi inexistantes (sauf pour se faire tuer ou séquestrer)... pour un polar bien prenant !

Le résumé :

A Moissac, un mystérieux motard en fuite perd connaissance dans un lieu qui sert de base à des mafieux napolitains. Lorsqu'il sort du coma, il se retrouve au beau milieu de négociations entre les gangsters et des trafiquants colombiens. Il tue ces derniers, prend la fuite et se réfugie chez des paysans. Le chef du cartel colombien envoie alors un tueur à gages pour venger la mort de son fils.


samedi 26 mai 2018

Broken Girls de Simone St. James

J'aime bien les histoires qui se passent à deux niveaux, ou plutôt deux périodes, surtout quand les deux périodes sont nécessaires l'une à l'autre pour mieux comprendre l'intrigue ou que l'une permet de résoudre l'autre. C'est pourquoi j'ai choisi ce livre sur NetGalley.

Dans ce cas-ci, dès les premières pages, j'ai su qu'il y aurait en plus une part de surnaturel et ce n'est pas pour me déplaire. J'étais donc en voiture !

Et ai-je trouvé tout ce que j'attendais de ce livre ? Oui, en partie. En effet, les deux époques ne sont pas nécessaires l'une à l'autre, si ce n'est pour donner une excuse à Fiona pour enquêter sur cette fameuse école pour filles aux multiples secrets et les deux histoires auraient pu être écrites à part et le côté surnaturel, bien qu'il sert à créer une ambiance particulière, n'est pas non plus utile à l'histoire ou à la résolution des deux histoires. Mais, mis à part ce petit revers, j'ai apprécié chaque page de ce livre ! 

1950, Idlewild Hall n'est pas vraiment l'école que l'on souhaite fréquenter. Les familles y envoient leurs filles, parce qu'elles sont turbulentes ou parce qu'elles ont vécu des traumatismes qu'il faut mieux taire / cacher. Les enseignantes ressemblent à des kapos et une ambiance vraiment lugubre règne dans l'école. Un groupe de 4 jeunes filles, aux histoires très différentes, partage une chambre et recrée une famille unie... jusqu'à ce que l'une d'elles disparaisse dans l'indifférence générale. 

2014, Fiona ne se remet toujours pas du meurtre de sa soeur 20 ans plus tôt sur le terrain d'Idlewild Hall et découvre que l'école maudite doit être rénovée. Elle cherche à savoir pourquoi et par qui. Fort heureusement, entre son père, célèbre journaliste qui ouvre toutes les portes et son petit ami, policier, elle mène son enquête de main de maître. Mais voilà que Fiona découvre des secrets qui dérangent certains. 

Simone St. James nous plonge dans l'ambiance de ces petites villes suffocantes où tout le monde se connait, où les étiquettes sont des freins à la recherche de vérité et où un ex-chef de police ancienne méthode peut régner en maître. Ce roman parle de la douleur de la perte d'un être cher et du silence qui peut parfois régir les vies des personnes touchées, des non-dits au sein d'une famille, au sein d'une ville et d'une police qui doit trouver les moyens de faire mieux. Il parle de courage, pour trouver la vérité, pour affronter ses démons, pour survivre et des moyens que prennent certains personnes pour survivre. 

4e de couverture

The “clever and wonderfully chilling” (Fiona Barton) suspense novel from the award-winning author of The Haunting of Maddy Clare...

Vermont, 1950. There's a place for the girls whom no one wants—the troublemakers, the illegitimate, the too smart for their own good. It's called Idlewild Hall. And in the small town where it's located, there are rumors that the boarding school is haunted. Four roommates bond over their whispered fears, their budding friendship blossoming—until one of them mysteriously disappears...

Vermont, 2014. As much as she's tried, journalist Fiona Sheridan cannot stop revisiting the events surrounding her older sister's death. Twenty years ago, her body was found lying in the overgrown fields near the ruins of Idlewild Hall. And though her sister's boyfriend was tried and convicted of murder, Fiona can't shake the suspicion that something was never right about the case.

When Fiona discovers that Idlewild Hall is being restored by an anonymous benefactor, she decides to write a story about it. But a shocking discovery during the renovations will link the loss of her sister to secrets that were meant to stay hidden in the past—and a voice that won't be silenced...

Bref

Un bon livre aux personnages bien écrits et intelligents. Trois histoires qui auraient pu être écrites séparément, mais qui permettent à l'autrice d'aborder des sujets intéressants. C'est un 4/5 pour moi.

dimanche 14 janvier 2018

La soif de Jo Nesbo

J'avoue ne pas avoir lu tous les livres de Jo Nesbo, ni dans le bon ordre. J'ai donc été un peu étonnée d'apprendre que Harry Hole avait quitté la police pour être prof. Il n'empêche, on peut lire les livres dans l'ordre qu'on veut, sans que cela dérange la lecture ou la compréhension de l'histoire. 

Ainsi, Harry est appelé à reprendre du service pour traquer un individu dont les crimes et la violence lui rappelle son némésis, celui qui lui a toujours échappé. Il accepte donc de reprendre du service, pour finir ce chapitre de sa vie. On retrouve donc le Harry qu'on connait, mais dans un style plus heureux que d'habitude. Parce que Harry, pour une foi, croit à la possibilité du bonheur. Il en devient du coup beaucoup plus zen et ça fait du bien, il faut le dire. 

Quand aux crimes, sanguinaires et vampiriques à souhait, et l'histoire, toujours aussi bien ficelée, ils vous tiendront en haleine du début à la fin. Certes, il faut avoir le coeur bien accroché à la lecture des détails, mais cela vaut le coup. En plus, j'ai bien aimé me faire mener par le bout du nez par Jo, qui, dans un style très Agatha Christien (oui, j'invente des mots), sème les indices, nous fait découvrir les pensées de certains protagonistes, leur prête des actions on ne peut plus louches, me faisant croire régulièrement avoir trouvé le ou la coupable. Ha ah ! Naïve va ! 

L'histoire 

Une jeune femme est assassinée après un rendez-vous pris sur un célèbre site de rencontres. Les violentes marques de morsures trouvées sur le cadavre ne laissent pas de doute : il ne s’agit pas d’un simple fait divers comme tant d’autres, d’un tête-à-tête qui aurait mal tourné avec un maniaque arpentant le Web. C’est un prédateur particulièrement féroce qui a sévi, assoiffé de sang humain. 
Lorsqu’un deuxième corps est découvert, mutilé selon la même mise en scène macabre, il semble clair qu’un seul homme peut mettre un terme aux agissements du tueur… Mais Harry Hole est réticent à l’idée de s’occuper de cette affaire. Désormais instructeur à l'École de police, apparemment libéré de ses démons et heureux avec son épouse, il s’est promis de ne plus mettre les siens en danger. 
Malgré tout, un doute s’immisce en lui : ces meurtres pourraient être liés à l’unique enquête non résolue de sa carrière. Il comprend que le destin le place de nouveau face à un dilemme : mener une vie paisible et tirer un trait définitif sur son passé d’enquêteur, ou arrêter enfin le criminel qui lui a jadis échappé et qui continue de le hanter.

Bref

La soif... comme dans la soif de violence, de sang, de vengeance, mais aussi la soif de tranquillité et de bonheur. C'est un bon titre que Jo Nesbo a trouvé là pour un bon roman, bien prenant, bien captivant. À reserver pour qui a soif... de sensations fortes !

Avertissement : Un e-galley de ce titre m'a été fourni par l'éditeur. Aucune critique n'a été promise et la chronique ci-dessus est une critique non biaisée du roman.

mercredi 18 octobre 2017

La servante écarlatede Margaret Atwood

Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'avais une certaine idée très préconçue sur Margaret Atwood. Beaucoup en parle comme d'une féministe et j'avais peur que ces récits soient trop teintés de prise de position revancharde (oui, le vieux préjugé de la féministe aigrie, alors que je le suis moi-même !) Bref, je n'ai jamais été attirée par ces romans... jusqu'à ce que je regarde la série The Handmaid's Tale et que je la trouve géniale ! J'ai donc décidé de ne pas regarder le dernier épisode, foncé acheter le livre que j'ai lu avant de finir la série télé. 

Alors, comme d'habitude, la série et le livre ne sont pas identiques, mais je dois dire que l'ambiance et ce monde complètement anxiogène le sont. Quant au livre, le livre !! Mais quel plaisir à lire ! L'écriture est excellente, fluide, agréable, pleine de surprises. Avec juste ces phrases qui détonnent, qui surprennent, qui apporte une élément inattendu ou au contraire attendu, mais plus rapidement et brusquement que prévu.


(Désolée pour les extraits en anglais, c'est la langue dans laquelle j'ai lu le livre !
Every night when I go to bed I think, In the morning I will wake up in my own house and things will be back the way they were.
It hasn't happened this morning either.
J'aime le fait que les dialogues soient parfois dans la tête de Defred, mélangés avec ses réflexions et ses pensées et pourtant, cela reste très clair, très cohérent, on ne se demande pas "mais à qui parle-t-elle?" ou "elle parle ou elle pense là ?". C'est très bien maîtrisé et cela donne un rythme différent, beaucoup moins ennuyant que les récits où les pensées et les dialogues sont strictement séparés.
But watch out, Commander, I tell him in my head. I've got my eye on you. One false move and I'm dead.
Still, it must be hell, to be a man, like that.
It must be just fine.
It must be hell.
It must be very silent.
---- 
I put my mouth to the wooden hole. Moira? I whisper.
Is that you? She says.
Yes, I say. Relief goes through me. 
God, do I need a cigarette, says Moira. 
Me too, I say. 
I feel ridiculously happy.
J'aime ces phrases profondes qui poussent à la réflexion : 
Ignoring isn't the same as ignorance, you have to work at it.
Night falls. Or has fallen. Why is it that night falls, instead of rising, like the dawn?
Bref, je suis super vendue à la qualité de ce livre, de son écriture, de ses personnages si bien écrits, à son histoire, dystopique mais en même temps réaliste.

Je parlais du sujet hyper actuel du livre et une amie me disait que non, c'était exagéré, que nous n'avions pas à nous plaindre, nous qui vivions dans une société libre et occidentale, que ça ne pourrait pas arriver... Mais de quoi parle ce livre ? De la place des femmes dans une société dirigée par des hommes. Alors certes, nous ne vivons pas dans des pays où nous ne pouvons pas travailler, ni avoir de compte bancaire... mais dois-je rappeler que la liberté des femmes de choisir leur travail et d'ouvrir un compte date de 1964 au Québec et 1965 en France ? Même pas, il suffit de regarder la vague Weinstein actuelle aux USA pour se rendre compte que pour certains, le corps des femmes n'est qu'un objet utilitaire...

Alors, je ne partirai pas un débat féministe ici, mais je tiens seulement à souligner l'importance des livres comme La servante écarlate, pour nous faire réfléchir et prendre conscience que tout n'est pas gagné et que tout peut être perdu.

Quant à l'histoire en elle-même, je dois avouer que j'ai été légèrement déçue par la fin en demi-teinte, il y a de l'espoir, mais pour Defred, c'est un peu le flou artistique. Et j'aime les fins franches : ça fini bien ou mal, mais cela m'appartient et si vous aimez les demi-teintes, vous allez adorer cette épilogue ! 

Mais quelle est l'histoire ?

La servante écarlate, c'est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule.
En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice. Vêtue d'écarlate, à l'exception des voiles blancs de sa cornette, elle accomplit sa tâche comme une somnambule. Doit-elle céder à la révolte, tenter de tromper le système ? Le soir, Defred regagne sa chambre à l'austérité monacale.
Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d'échanger des confidences, de dépenser de l'argent, d'avoir un travail, un nom, des amants. C'était le temps où l'amour était au centre de tout. L'amour, cette chose si douce aujourd'hui punie de mort. Oeuvre majeure, La Servante écarlate n'est pas sans rappeler 1984 d'Orwell. Mais, au-delà de cette magistrale création d'un monde, c'est la question du rôle et de l'avenir des femmes que pose, avec force, ce roman inoubliable.